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 be mine in reality - lua

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Lys Aiden



Messages : 3
Date d'inscription : 19/09/2019

be mine in reality - lua  Empty
MessageSujet: be mine in reality - lua    be mine in reality - lua  I_icon_minitimeJeu 19 Sep - 20:48


Regard vide. Si habituel. Rien ne changeait. Jambes pendantes au-dessus de cette table dont on venait à se demander comment elle faisait pour tenir encore. Ce fut un soupir qui échappa à ton être. Fuir une misère pour une autre et vivre dans une terreur constante gardée secrète dans ton esprit. Cage de verre. Verrou surprotégé. Tout. va. bien. Se répéter jusqu’à se convaincre que c’est une vérité. Parce que tout va bien, n’est-ce pas ? La vie est un monde rose saupoudré de paillettes multicolores. Cet appartement miteux est un vrai palace dans lequel tu peux évoluer et l’être avec lequel tu le partages est un véritable amour remplissant ton cœur de gaieté. Bien sûr. Tout le monde y croit. Dommage qu’au plus profond de toi-même, tu ne sois pas en mesure d’y croire. Mais on ne peut masquer ce qui se déroule sous tes yeux. Tu sais, cet appartement en ruines dans lequel tu vis. Il n’y a même pas de véritable lit, vous dormez sur un matelas à même le sol, matelas bouffé par les mites. Tu te contentes d’avoir un toit sur la tête, c’est déjà beaucoup demandé.

Longtemps, avec cette psychiatre que tu avais consulté, vous aviez cherché à comprendre. Comprendre d’où tout ça venait. Elle avait tenté d’entrer dans ta tête, d’en explorer les milles et uns chemins, analyser ce passé que tu avais vécu pour traquer cette faille, cette déchirure, cet accroc dérangeant qui a tout fait voler en l’air. Mais tu ne peux pas l’expliquer. Tu ne peux pas expliquer ce qui t’a mené ici, dans cette étrange vie qui ne semble même pas être la tienne. Tu peux seulement l’expliquer elle. Tu peux seulement expliquer sa beauté et son regard envoûtant. Expliquer la douceur de sa peau et l’ivresse qu’elle provoque chez toi. Tu peux seulement expliquer la perfection qu’elle est, perfection tombée dans les flammes de l’enfer, mais qui mérite d’être sauvée. Expliquer ? Est-ce vraiment le bon mot ? Peux-tu vraiment expliquer ce feu qui te consume lorsqu’il s’agit d’elle ? Permets-moi d’en douter. Tu peux seulement le vivre.

Sauter sur le sol. Te réceptionner maladroitement. Tes yeux sont anormalement dilatés, ton attitude vague et dispersée. Tu étais une enfant calme et posée, autrefois. Tu sais, la jumelle modèle, celle qui avait toujours les meilleures notes. Oh qu’est-ce que les choses ont changé. Aujourd’hui, le gouffre est présent. Tu clignes des yeux. Il n’est pas là. Tu n’en as franchement pas grand-chose à faire, il n’est jamais là et ça ne te dérange pas. En fait, il se trouve dans votre matelas le soir, s’attendant à ce que tu fasses tout dans l’appartement, et te reprochant jusqu’à ta respiration.

Tout va bien.  

Répète-le jusqu’à ce que ce soit vrai. Et peut-être qu’un jour, dans ce regard, on pourra de nouveau apercevoir quelques étincelles d’une véritable joie et non pas ce masque étrange et si hypocrite que tu arbores devant les autres. Crac. Ton pied s’est posé sur une seringue traînant au sol, la brisant en deux. Un peu plus et tu te retrouvais avec cette aiguille plantée dans le pied. Mais ce ne fut pas arrivé. Comme si ça eût été important. Comme si tu l’eus été. Dans ta vie, il n’y a toujours eu qu’elle d’important. Tu l’as toujours regardé de loin, observé de loin. Elle a toujours été ton modèle, et tu avais toujours voulu la suivre peu importe où elle allait. Vos parents étaient heureux. Les deux jumelles s’entendaient bien. Qui eût cru que ça tourne aussi mal des années après ? Qui eût cru que ce soit si sale ? Toi, élevée en tant que bonne élève et parfaite fille, te laisser aller à des penchants aussi diaboliques.

Un pas après l’autre.

Tu finis par attraper une veste traînant sur un fauteuil déchiré par le petit Vulpix de glace que tu as retrouvé totalement perdu dans une ruelle. Magnifique petite créature bien trop jeune que tu as décidé de recueillir quelques jours auparavant, mais créature bien désobéissante qui n’en a que faire de l’état de vos meubles. Un frisson te parcourut alors que tu écartais la vaisselle usée remplissant le lavabo pour attraper un thermos dans lequel tu fis couler de l’eau chaude. Quelques gouttes tombèrent sur ta main et tu grimaças.
À l’eau, tu y mélangeas une certaine quantité de whisky et de café soluble. L’idée était d’enterrer l’odeur de l’alcool sans pour autant t’en passer en dehors de la maison. Longue et terrible déchéance. Mais tout va bien. Tout va toujours bien. Ne t’en fais pas, Lua, ta jumelle vit cette existence de rêve qu’elle a toujours souhaité. Qu’est-ce que tu désirais, Lyra, quand tu étais plus jeune ? Tu ne t’en souviens même plus. Tu sais seulement que tu la désirais elle. Que tu sois sienne et qu’elle soit tienne, jusqu’à lui voler tous ceux qui avaient le malheur de seulement s’intéresser à elle. Oh, Lua n’en avait jamais eu la moindre idée, elle était bien trop naïve peut-être pour remarquer le regard des autres hommes, mais toi, tu les avais vu. Et tu les avais détourné de cet être si pur qui partageait ta vie.

La porte claqua dans un bruit sourd qui ébranla l’infrastructure. C’était à se demander si l’immeuble même n’allait pas s’effondrer un jour. Clairement, ce n’était pas le château des contes de fée. Mais si tu aimais prétendre le contraire. Tu tentais sérieusement de t’en convaincre. Tout va bien. Tu vas bien. Tu vas parfaitement bien et tu es parfaitement lucide. À jeun. Sans trace de substances quelconques dans tes veines. Tu n’as pas passé la nuit à pleurer après une violente dispute, non. Rien de tout cela ne s’est passé. Ce n’est qu’un vilain cauchemar. Pas à pas. Tes pas résonnaient sur le bitume ou peut-être seulement dans ta tête. Tes yeux regardaient partout autour de toi. Les voitures passaient.
Regarde-toi. Difficile de croire qu’il y a seulement une semaine, tu étais dans un tout autre état, loin de ce chez toi que tu prétends affectionner. Un état d’angoisse constante qui te poussait à haïr le monde entier. Pourquoi t’étais-tu éloignée déjà ? Il t’arrivait parfois de partir. De t’en aller. De faire quelque chose dont les raisons demeuraient obscures. Pour la simple raison de les faire, peut-être. Une forme de liberté bien étrange. Ce n’était plus toi, ce n’était plus Lyra. C’était un robot. Un autre être. Mais c’était toi. Ton corps. Tes pensées. Tes souvenirs. Étrange situation que tu ne pouvais expliquer. Beaucoup de choses impossibles à expliquer.

Soit. Peu importe. Tu allais la revoir. La serrer dans tes bras. Lui dire à quel point elle t’avait manqué. Faire comme si ta vie roulait, était rose, parfaite. Merveilleuse. La regarder te mentir, parce que tu as toujours su le voir, quand elle mentait, pas vrai ? La regarder se convaincre que sa propre vie à elle l’était, parfait. Deux menteuses. Deux jumelles pathétiques essayant de se convaincre mutuellement et soi-même d’un mensonge éhonté et si gros. Si faux.

Marcher. Toujours marcher. Vaciller parfois. C’était ton quotidien. Respirer, exister. Mais sans plus. Voler ailleurs, dans un autre monde, parce que tu étais tombée dans cette addiction. Dans des addictions lorsqu’Il te battait. Peu importe. Ça n’importait jamais. Pas à pas. Inspirer. Expirer. Tu allais la revoir. Plonger ton regard dans le sien et rêver qu’elle soit officiellement tienne. Songe inaccessible qui allait te faire pleurer dans ton lit le soir. Tu pris une gorgée de ton liquide chaud et entras dans ce café où tu avais donné rendez-vous. Lua, belle Lua, ne tardes pas trop. Ta jumelle t’attend. Avec ce Vulpix qui avait décidé de la suivre et qui mâchouillait les lacets qui étaient à sa portée.
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